Entretien avec Christophe Dourthe
Propos recueillis par Valérie Daviet - RED'actions et publiés dans le n° 10 de VIDICI, Magazine gratuit d'infos du Pays Saintais / Pons
Bonjour Monsieur le Maire : nous vous laissons vous présenter !
- Je suis né en Allemagne. Je fais partie de ces français nés à l'étranger… qui pourraient avoir des difficultés à renouveler leurs papiers ! Mon père était militaire. J'ai grandi dans beaucoup de régions françaises. J'ai connu 1 maternelle, 1 autre école primaire mais 4 lycées ! Ensuite : médecine à Rennes. J'ai été affecté à Saintes en 1978 pour mon internat. Après avoir satisfait à mes obligations militaires comme médecin aspirant au SAMU de La Rochelle, j'ai été nommé médecin hospitalier à St Jean d'Angély, où je suis resté pendant 7 ans. Ensuite je suis devenu chef de service à l'hôpital de Cognac (6 ans), avant de revenir à Saintes, à l'hôpital des Arènes en 1996. J'ai pris la succession du Dr Benchimol qui faisait valoir ses droits à la retraite. Je suis gériatre depuis le début de ma carrière. J'ai découvert la gériatrie au CHU de Rennes. Actuellement, je suis toujours médecin à l'hôpital des arènes (à mi-temps depuis 2001).
NDLR VIDICI : Christophe Dourthe a contribué à la mise en place du concours blanc pour les futurs praticiens hospitaliers de gériatrie, ainsi qu'à la réforme des statuts de la Société de Gérontologie de l'Ouest et du Centre (président de 1996 à 1998).
C'est votre 2ème mandat en tant que Maire. Comment êtes-vous arrivé à la mairie de Bussac ?
- Je suis entré au Conseil municipal en 1995, auprès de Guy Chapuis (4 mandats en tant que maire de Bussac). Souhaitant se retirer, il m'a proposé de prendre sa succession. J'ai été élu maire en 2001.
Et également conseiller général la même année…
- Philippe Marchand (PS), ne souhaitant pas se représenter à l'assemblée départementale, m'a également suggéré de prendre le relais. J'ai été élu conseiller général en mars 2001. C'est une histoire de rencontres et de discussions. Philippe Marchand était président du conseil d'Administration de l'hôpital dans les années 80 : je l'ai rencontré à ce moment-là… Ces deux successions sont tout à l'honneur de ces deux personnalités qui ont choisi d'arrêter pour ne pas faire “le mandat de trop“, en mettant en avant un successeur.
Comment se sont passées les dernières élections à la mairie ?
- Bien que nous n'ayions pas de liste en face de nous, nous avons présenté un projet et fait ampagne. Toute la liste a été élue dès le 1er tour et renouvelée à moitié. Ça montre que les gens nous faisaient confiance de façon assez importante.
Parlez-nous de votre équipe…
- Elle est à parité : 7 femmes, 7 hommes, avec des compétences diverses. Quatre adjoints travaillent à mes côtés, avec une délégation complète : Françoise Durand (affaires sociales et communication), Jean-Luc Marchais (voirie et urbanisme), Danièle Pubert (école, associations et culture), Bernard Couteau (bâtiments). C'est une équipe jeune, il n'y a qu'un seul retraité. Cela veut dire que nous ne sommes pas toujours disponibles pour les réunions du matin ou de l'après-midi, mais on fait avec. C'est une équipe soudée et solidaire qui s'entend bien, c'est extrêmement important. Derrière mon engagement politique officiel, ces élus ne sont pas forcément militants, ni toujours du même avis que moi, mais c'est l'envie de travailler au service de la commune qui les motive.
Sur quel programme avez-vous été (ré)élu ?
- « Continuons ensemble », pour le développement de la commune de façon progressive et harmonieuse. Une partie du programme étant consacrée au développement durable et aux énergies renouvelables.
Des projets ont été concrétisés dans ce domaine ?
- Oui. Avec la CDC, l'ADEME, la Région, le Département et l'Europe, nous avons pu financer notre projet de chaufferie à bois déchiqueté. Elle chauffe l'ensemble des locaux municipaux : l'école, la bibliothèque, les deux logements communaux, les ateliers municipaux… Des panneaux photovoltaïques vont être installés sur le toit de l'école. Vous connaissez le système… : ça permet à la commune de toucher un loyer*.
*La toiture est ouverte à la location. En contrepartie, une société y installe des panneaux solaires photovoltaïques. L'électricité produite est ensuite revendue à ERDF. Grâce à la revente de cette électricité, la commune perçoit un loyer annuel.
Les projets en cours à mi-mandat ?
- L'aménagement de la zone proche de l'église, l'une des parties anciennes du village, avec un parking, et aussi un aménagement qui va permettre aux camions des ordures ménagères de faire le tour de la zone (pour des raisons de sécurité, ces véhicules n'ont plus le droit d'effectuer de marche arrière dans leur tournée). Les fouilles archéologiques ont déjà eu lieu autour de l'église…
- L'enfouissement des réseaux.
- La rénovation du toit de la salle municipale, qui a 40 ans.
Nous prévoyons d'y installer un pan entier photovoltaïque pour assurer de nouvelles recettes à la commune.
- Renforcer la sécurité dans notre bourg : la D114 traverse notre agglomération (même si on déplore peu d'accidents, mais il faut rester vigilant).
Quel projet vous tient personnellement le plus à coeur ?
- Je ne sais pas si j'en détache un… J'ai à coeur d'accueillir et d'attirer des jeunes sur notre commune. Ça veut dire faire des logements à loyer modéré. On en compte un peu plus de 20 à Bussac. Il faut savoir que 2/3 des Charentaismaritimes ont des revenus qui leur permettent de prétendre à un logement social. Ce n'est pas rien. On essaie d'ouvrir à l'urbanisation des zones constructibles. On travaille en ce moment sur la zone juste derrière la mairie, mais l'accès n'est pas simple. En parlant d'accès, nous avons par ailleurs 2 logements accessibles pour des personnes en fauteuil roulant. Ça aussi c'est important. Un autre projet qui nous a beaucoup préoccupés c'est le projet d'un EPHAD (Établissement d'Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes). Mais il ne s'est pas concrétisé : refusé par les autorités. Nous étudions donc une alternative dans une zone tout à fait centrale de Bussac, sur 2,5 ha.
Des lotissements sur la commune ?
- Oui plusieurs, avec l'intervention de la SEMIS et de l'Office HLM. Mais la commune est “en mode pause“, si j'ose dire, sur les lotissements communaux : avec la crise…
Qu'est-ce qui fait la spécificité de Bussac-sur-Charente ?
- Je ne sais pas vraiment… Mais nous sommes dans une zone historique riche. Les poteries de la Chapelle des Pots arrivaient ici au Port Berteau en contrebande, par le chemin de Fontcouverte. Puis elles étaient chargées sur des gabares pour Rochefort… Peut-être qu'on n'a pas assez cherché mais on n'a pas encore trouvé ici de vestiges de l'aqueduc gallo-romain ! Quoi qu'il en soit, Bussac : ce sont de fabuleux chemins de randonnées pédestre et VTT, avec une végétation magnifique, notamment dans le Rochefollet vers St Vaize.
En tant que 1er vice-président de la Communauté de communes du Pays Santon, vous êtes au coeur de l'intercommunalité… Un mot sur votre fonction ?
- C'est une délégation complète de notre président Jean Rouger. Je m'occupe de la communication entre élus et notamment de l'élargissement territorial.
Un projet complexe… Où en êtes-vous dans la transformation prochaine de la Communauté de Communes en Communauté d'Agglomération ?
- Au jour d'aujourd'hui, plusieurs communes sont intéressées : Pisany, La Clisse, Ecoyeux et Montils ont dit oui. D'autres sont intéressées avec des réserves, comme Dompierre ou Chaniers. Il faut regarder la carte et constater que des communes proches (Port d'Envaux, Nieul-les-Saintes ) font partie du bassin de vie… qui nous préoccupe. Et à côté de cela, il y a des CDC qui réfléchissent à une éventuelle fusion avec nous : St Hilaire de Villefranche notamment. Seudre Arnoult et Burie ont décliné la proposition sans vouloir l'étudier... L'idée c'était de maîtriser notre destin avant de se le faire imposer. Voilà bientôt deux ans que nous avons enclenché la démarche. Nous y avons passé beaucoup de temps et d'énergie : on arrive à la centaine de réunions… Le préfet doit proposer un schéma d'aménagement de l'intercommunalité avant l'été.
Chaniers qui vous donne du fil à retordre, lorgne aujourd'hui du côté de Cognac…
- Nous sommes sur des discussions un peu compliquées. Chaniers nous pose ses conditions. Ces élus sont globalement d'accord sur le FOND (nous avons des terrains d'entente), mais pas sur la FORME. Or, une CDC qui veut se transformer doit obéir à des règles juridiques, de forme. Les trois conditions de base pour constituer une CDA sont : 50 000 habitants (nous n'y sommes pas tout à fait encore), un centre bourg de plus de 15 000 habitants (avec Saintes, on y est), et un territoire géographiquement d'un seul tenant, sans discontinuité…. Notre CDC est saine, avec un endettement modeste. Une étude financière a été fournie à chaque commune. Le conseil communautaire débat publiquement. Tout est transparent. Alors quand on entend une commune comme Chaniers nous dire : « On ne va pas payer le centre aquatique ! », alors qu'il est complètement financé (plus de la moitié en auto-financement), on ne comprend pas. Chaniers voudrait directement intégrer la CDA sans passer par notre CDC. Mais il y a un règlement, on ne peut pas aller contre… Tout est en train de changer avec la réforme territoriale et celle de la fiscalité, nous n'avons pas toutes les réponses : comment voulez-vous, dans un tel contexte, que l'on prenne des engagements ? Il faut se faire
confiance, acter un accord politique et ensuite travailler ensemble. Il n'y a pas de place pour « la politique politicienne »…
Votre planning vous laisse-t-il le temps d'avoir quelques loisirs ?
- Oui j'ai des loisirs tout de même : le VTT/VTC, la rando et la musique classique (je suis assidu aux “Académies musicales“). Avant d'être élu, j'ai d'ailleurs été administrateur de l'association « l'Abbaye aux Dames »…
Personnage politique : Robert Badinter
Loisir préféré : le VTT/VTC
Qualité : la tolérance, le souci de l'autre, l'empathie
Défaut : trop exigeant
Humain préféré : pas sûr que j'en ai
Réincarnation ? Non
Livre de chevet : « Ma mère, mon enfant » de Nicole Jeanneton-Marino
De gauche ou de droite ? De gauche
Whisky ou Perrier? Un bon vin rouge
Resto préféré ? Le Sukhothaï, à Saintes
Magazine préféré : « XXI »
Dieu ? Je n'en sais rien
Age : 57 ans
Statut : marié, 2 enfants
J'habite : Bussac-sur-Charente
Un champion du monde à Bussac

Joris DAUDET, au centre sur la photo
Sacré champion du monde de BMX (bicross) en 2008, ce jeune bussacais vient d'obtenir sa première victoire aux Etats-Unis (février 2011). Vous pouvez suivre ses courses sur le stade bordelais-bmx et consulter aussi son site internet.
La nouvelle chaufferie à bois déchiqueté

Le principe de la chaufferie, qui a été mise en service à l'automne 2010, est d'utiliser une chaudière automatique à plaquettes de bois, fiable, plus économique, et plus rentable au bout de 7 à 8 ans d'utilisation. Elle permet de chauffer plusieurs bâtiments : le groupe scolaire, la bibliothèque, la salle municipale, la mairie et les logements communaux. Elle offre une facilité d'utilisation similaire à celle des chaudières au fioul ou au gaz. Les livraisons de bois par l'entreprise Bruneteau se déroulent à un rythme régulier. La proximité de la scierie apporte une grande souplesse et permet de répondre dans les meilleurs délais aux besoins. Les deux premiers mois ont demandé un certain nombre de réglages de l'installation qui est pilotée par un système informatique très complexe.
L'ancienne chaudière de l'école est raccordée au système pour apporter un chauffage supplémentaire en cas de grand froid ou durant les périodes de maintenance de la chaudière bois.
Crédit Photo Valérie Daviet - RED'actions
(Source article Bussac Info n° 107 et 108 )
Les travaux de mise en place des panneaux solaires sur l'école ont été réalisés durant les vacances de la Toussaint. La commune a opté pour une location de la toiture de l'école à une entreprise spécialisée. Celle-ci assure la pose, l'installation du matériel et la vente de l'électricité produite. Le contrat signé avec la commune a une durée de 20 ans. A l'issue, la commune récupérera l'installation et pourra vendre l'électricité à son compte. Au total, 300 m² de panneaux seront installés.
Diagnostic archéologique autour de l'égise
Ce diagnostic a été pratiqué par la Direction régionale de l'Archéologie, du 1er au 08 mars 2010, dans le cadre d'un projet d'aménagement de cette zone. Le but étant de créer des places de stationnement pour accueillir les véhicules les jours de cérémonie à l'église. Les fouilles ont été effectuées sur tout le périmètre de l'église y compris sur le terrain situé devant le presbytère. Voici un résumé des conclusions. Il a été constaté la présence de sarcophages, peut-être mérovingiens contre l'église. Il s'agit des plusieurs anciennes structures funéraires mises à jour lors de cette opération. Ces sarcophages ont visiblement servi à plusieurs reprises lors de réductions. Ils ont plus tard, au cours du Moyen Age, servi de fondations à une construction. On a observé des sépultures en coffre de pierre, probablement médiévales. Les têtes des individus inhumés sont orientées à l'ouest. Il semblerait que les tombes aient été vidées, peut-être lors du déplacement du cimetière. L'activité funéraire semble s'être poursuivie dans ce secteur malgré les reconstructions d'édifices entre le XIè et le XIXè siècle. Ainsi l'occupation est dense autour de l'église, à toute période. Un cimetière probablement mérovingien a été aperçu et des maçonneries pourraient correspondre à des états antérieurs de l'église.
(Bussac Info n° 107 - Septembre 2010)
Je composte, tu compostes .... et en Charente Maritime, les habitants doivent faire mieux et pour cause : des piles de montres, des petits morceaux de verre de quelques millimètres, des débris de polystyrène, de sacs plastique, des capuchons de stylos… finissent tous dans les champs et viennent du fameux compostage issu de la valorisation de déchets urbains ! Le compostage coince forcément quelque part à la lecture de cet article ci-dessous, vous comprendrez aisément que le problème évoqué n'est pas "propre" qu'à la Charente-maritime .... le zéro défaut n'existe pas et cependant il le faudrait dans ce cas !
Le compostage est-il propre ?
Des piles de montres, des petits morceaux de verre de quelques millimètres, des débris de polystyrène, de sacs plastique, des capuchons de stylos…
C'est presque un inventaire à la Prévert que dressent ces habitants d'un village saintongeais quand ils fouillent quelques centimètres carrés d'un champ.
Un terrain agricole destiné à la culture de céréales dans lequel des tonnes de compost, issu de la valorisation des ordures ménagères collectées à l'usine de traitement de Chermignac, ont été épandues le mois dernier.
Cela fait près de trente ans que cette pratique a été lancée. Depuis sa création en 1980, le centre propose aux agriculteurs qui le désirent de récupérer du compost.
5 000 tonnes annuelles.
À charge pour eux de l'épandre dans leur champ. Une bonne affaire. Cédé gratuitement après avoir été entreposé pendant six mois, le compost permet d'apporter des matières organiques à la terre.
Ces trois dernières années, une trentaine d'agriculteurs se sont ainsi rendus à Chermignac pour récupérer un tonnage annuel estimé à 5 000 tonnes (1). Soit environ un tiers de la totalité des ordures ménagères qui sont collectées chaque année (22 000 tonnes). En provenance des 19 villes formant la Communauté de communes de Saintes, mais aussi des intercommunalités de Saint-Porchaire, Gémozac, Burie… Un bassin de vie d'environ 80 000 habitants.
Le compost est issu du broyage puis du criblage des déchets dans des mailles de 26 mm.
Seulement, ce procédé est sujet à des interrogations. En premier lieu parce qu'il est ancien : il date de la mise en service du site, voilà vingt-huit ans. Techniquement, le procédé se décompose en deux phases : d'abord un broyage dans la journée qui suit le dépôt des ordures puis un criblage à travers des mailles de 26 mm. Auparavant, tous les objets contenant de l'acier (boîtes de conserves, déodorants, fourchettes…) sont retirés par l'aspiration d'un gros aimant.
Les 70 % ne traversant pas les mailles (appelés le « refus ») sont transférés soit au centre d'enfouissement technique de Clérac, dans l'extrême sud du département, soit à la cimenterie Calcia de Bussac-Forêt, afin d'être utilisé comme combustible. Une montée en régime depuis l'introduction de l'expérience en avril 2007 puisque les 6 000 tonnes (dépourvues de matière organique) exportées annuellement se montrent avantageuses économiquement. Le coût de traitement, 20 euros la tonne, est trois fois moindre qu'un acheminement vers Clérac.
À la Cdc du Pays santon, on présente de manière positive ce procédé. Écologique, il permet d'éviter d'enfouir à Clérac un tiers de la masse des ordures ménagères collectées. Économique aussi pour les foyers qui s'acquittent de la redevance car le coût d'enfouissement à Clérac, à 80 kilomètres de Chermignac, est de 60 euros la tonne.
Le souci, pourtant, c'est que les mailles de 26 mm de ce filet laissent filtrer des produits d'un calibre inférieur qui ne sont pas décomposés, comme des morceaux de sacs, des petits modèles de pile, de plastique.
Les arguments des défenseurs.
Est-il polluant pour la terre ?
Patrick Costello, le directeur du site, et Jacques Tanner, le vice-président de la Communauté de communes du Pays santon délégué à l'environnement et aux déchets, répondent « non » et développent une argumentation sur plusieurs plans.
D'abord, ils font état des analyses subies par le compost. Au nombre de quatre par an, elles visent à connaître tout un ensemble de données, telles que la présence de métaux lourds polluants (plomb, métaux, arsenic), inertes (morceaux de plastique), et la valeur agronomique. Elles comprennent aussi des tests sur la qualité de la fermentation organique.
« Ces mesures, effectuées par un laboratoire indépendant agréé, sont en dessous des normes européennes », indique Jacques Tanner.
La pratique s'améliore.
Ils avancent ensuite que le tri sélectif en amont limite la possibilité de retrouver des produits comme les solvants, les piles, etc. dans les sacs poubelle noirs qui partent à Chermignac.
« La quantité d'ordures ménagères collectées est inférieure à la moyenne nationale et le tonnage brut par foyer diminue, preuve que la pratique du tri s'améliore », souligne Jacques Tanner qui évoque les efforts tournés aujourd'hui vers la collecte en porte à porte. Même si les bons réflexes ne sont pas intégrés par tous, comme l'atteste la présence encore importante du verre, le premier matériau qui a fait l'objet d'une collecte spécifique voici environ quinze ans.
Patrick Costello et Jacques Tanner en conviennent : « Le risque zéro n'existe pas. Il n'est pas exclu que des petites piles mises dans des poubelles se retrouvent dans le compost ».
Les deux hommes insistent sur le côté davantage visuel de ces morceaux de plastique déversés avec les matières organiques dans les champs. « Ce sont des petits déchets inertes », martèle Jacques Tanner. À cet égard, et comme pour relativiser, les responsables du centre se rappellent que, dans les années 80, lorsqu'aucun tri des déchets n'était effectué, tous ces produits, auxquels on pourrait ajouter les seringues provenant des établissements sanitaires, retrouvaient la terre. Les champignonnières de la vallée de la Loire, et plus près de chez nous, à Saint-Césaire, étaient gourmandes de ce compost.
(1) Le chiffre réel tournerait plutôt autour de 7 000 tonnes en raison de la perte de masse liée à l'évaporation. À raison de 25 tonnes épandues par hectare, 200 hectares sont donc concernés.
Article écrit par David Brian, Journal Sud-Ouest - 13/09/2008
La gestion des crues et des inondations dues à la Charente
Dans le bassin de la Charente, les cruesse produisent le plus souvent l'hiver, parfois au printemps.
Elles sont liées au régime océanique qui apporte des pluies de longue durée et relativement homogènes sur la totalité du bassin. Elles sont très rares avant début décembre, ce qui traduit l'importance de l'état de saturation des nappes dans le processus de formation de montée des eaux.
Les très nombreux affluents de la Charente drainent toute l'eau précipitée sur le bassin depuis les chevelus en amont jusqu'aux confluences. Les crues majeures résultent de la conjugaison des ondes de crues sur tous ces affluents, notamment en Charente amont avec le Bandiat et la Tardoire. Les ondes de crue confluent à peu près simultanément et forment la crue ressentie à Angoulême. Plus en aval, la Charente reçoit les eaux de l'Antenne, du Né et de la Seugne, affluents importants qui font atteindre au fleuve des débits extrêmes juste en amont du passage de la ville de Saintes.
On parle d'inondation, quand les niveaux d'eau des affluents ou du fleuve dépassent la hauteur des berges, l'eau déborde alors dans la plaine, ou lit majeur.
Ces phénomènes de crues et d'inondations sont accentués par les mutations agricoles. Le développement des cultures céréalières et oléo-protéagineuses au détriment des prairies fourragères a entraîné une reconfiguration des paysages. Cette évolution a eu entre autres pour conséquences :
- la disparition des haies et des taillis bocagers qui avaient un effet de ralentissement et de laminage des crues,
- le drainage des marais qui accélère les vitesses de transfert des lames d'eau.
En cas d'inondation, avoir les bons réflexes
Pour préserver votre sécurité, celles de vos proches et de vos biens... suivez le guide. A partir du moment où le Service de Prévision des Crues (basé à Rochefort) annonce l'arrivée d'une forte crue susceptible d'inonder les habitations, voici quelques consignes :
Avant l'arrivée de la crue
> Informez-vous des risques encourus (se renseigner auprès de votre mairie. Elle dispose des prévisions de crue)
> disposez d'un poste de radio à piles,
> faites une réserve d'eau potable,
> rassemblez papiers de valeur, argent, médicaments... en cas d'une éventuelle évacuation,
> prévoyez l'obturation des parties basses et rehaussez objets et mobiliers,
> rentrez les objets susceptibles d'être emportés,
> amarrez les cuves (gaz, fioul) si elles se trouvent en sous-sol ou en rez-de-chaussée inondables.
Pendant l'inondation
> Fermez portes, fenêtres, aérations...
> Fermez le gaz et l'électricité
> Montez à pied dans les étages
> Ne tentez pas de rejoindre vos proches ou d'aller chercher vos enfants à l'école, ils y sont protégés et en sécurité
> Ecoutez la radio (France Inter G.O. 1852 m ou 162 KHz) et respectez les consignes de sécurité
> Ne téléphonez pas, libérez les lignes pour les secours
> Evitez les déplacements
> Ne vous engagez pas en zone inondée, et ne restez pas dans votre véhicule. Il risque d'être emporté même pour de faibles hauteurs d'eau et inondé.
Suivant la situation :
- Vous devez quitter votre habitation (si la consigne est donnée ou s'il n'est plus possible de rester sur place sans risquer d'être isolé) :
> N'empruntez jamais de passage à gué. Le courant peut vous emporter lorsque l'eau atteint la hauteur de votre genou ou le bas de la carrosserie de votre véhicule.
> Prévenez la mairie de votre déplacement et dirigez vous vers l'hébergement désigné dans son plan de secours communal, ou rejoignez un point haut pour signaler votre présence en toute sécurité
- Vous ne pouvez plus partir :
> Réfugiez vous le plus en hauteur possible à l'intérieur de votre habitation
> Veillez toujours à avoir un accès à l'extérieur pour pouvoir signaler votre présence aux sauveteurs
Si vous êtes témoin d'une situation de détresse,
alertez les pompiers
Tel : 18 (poste fixe) ou 112 (portable)
Voir aussi l'article de Sud-Ouest sur le désenvasement de la Charente (06 septembre 2010)