L'origine des noms de lieux
Le nom de la commune vient du latin "buxus". Bussac (qui a pris le nom de Bussac-sur-Charente en 1984) fut tout d'abord un centre de batellerie actif sur la Charente avec ses deux petits ports fluviaux, dont Port-Berteau, qui servaient d'entrepôts des produits agricoles et d'expédition de la pierre calcaire extraite dans les carrières de la commune. Cependant, le trafic fluvial périclita inexorablement jusqu'au début du XXe siècle, et Bussac connut alors un temps d'assoupissement qui dura jusqu'à la veille de la Seconde Guerre mondiale.
La plupart des noms de lieux étaient "chez" : Judet, Tessier, Bretaud ou Bertaud qui en vieux saintongeais est la même chose. Ils se rapportent au nom d'une famille qui habitait ce lieu.
Les noms se terminant par les suffixes -erie et -ière : la Piffeterie, la Closnerie, la Tournerie, la Rétorie pourraient dater des défrichements du XIè, XIIè siècles et devaient leurs noms à celui de leurs propriétaires, ainsi que la Favaudière, domaine des Favaud.
Certains étaient des lieux remarquables de la commune :
Le Bourg, vieux centre réunissant château, école, église et ancien cimetière, mairie. Le chemin de fer, en coupant la commune en deux, a causé son déclin.
Port Berteau : un port et un bac très ancien.
La Grandporte : il y avait également un passage sur la Charente et probablement une frontière féodale, "une porte".
Grandvillage : hameau particulièrement important.
La Croix : la croix en pierre s'y trouve toujours mais ne partage plus le carrefour comme avant.
La Mare de l'Abbaye : il existe toujours une mare, celle de l'ancienne abbaye de Jarry.
D'autres noms sont dûs à des particularités du sol ou de la végétation :
Rochefollet : le hameau s'est attribué le nom du ruisseau limite nord de la commune. Un follet est au moyen-âge un lutin, un farfadet.
Beauchail : un chail est un caillou et en particulier un silex dont la présence en ce lieu n'est pas contestable.

Très tôt Bussac a été un lieu de plaisance et de villégiature, prisé assidûment par l'aristocratie ecclésiastique et la bourgeoisie urbaine de Saintes dès le XVIIe siècle. La présence de deux châteaux dont l'un date du XVIIe siècle et le second des années 1850 atteste de cette attractivité des lieux. Située sur la rive droite de la Charente, Bussac fait partie de la première couronne périurbaine de Saintes. C'est une commune attractive qui a connu une transformation considérable, caractérisée autant par un essor spectaculaire de sa population que par la densification de son habitat.
Crédit Photo Valérie Daviet - RED'actions
Port Berteau
Port Berteau est de nos jours un site agréable et tranquille qui servait autrefois à la navigation. Un bac y a fonctionné jusqu'en 1963. Ce port, pont d'embarquement de produits des ateliers de potiers de Saintonge (La Chapelle des Pots, Saint Césaire, Saint Bris des Bois, Ecoyeux etc.) était très riche en céramique, l'intérêt d'une fouille a fait apparaître un assez grand nombre de vases médiévaux qui ont été découverts au fond de la Charente. Un caboteur du Haut Moyen-Age y a été également découvert et a fait l'objet de plusieurs ouvrages. Une deuxième épave a également été découverte sous forme d'une embarcation assemblée, à fond plat et aux extrémités pointues. Elle pourrait être la plus vieille embarcation de type maritime de la côté atlantique française, confirmant l'ancienneté des activités portuaires du hameau. Ce site pittoresque en amont de Bussac, en fit un lieu d'agrément très recherché par les peintres paysagistes du XIXème siècle, comme Gustave Courbet.
Photo maison Port Berteau : avec l'aimable autorisation de Françoise GUILLAUME
Le peintre Gustave Courbet

Refusant le plus possible les sujets bibliques et mythologiques de la tradition académique, Courbet s'est imposé comme le chef de fil de la peinture réaliste. De l'été 1862 à celui de 1863, Gustave Courbet séjourne près de Saintes, chez son ami l'amateur d'art Etienne Baudry, puis à Port Berteau dans la maison du passeur. Il se divertit, chasse et peint abondamment, paysages, nus et tableaux de fleurs, entouré de nombreux amis artistes. Il partage un moment ses promenades en bord de fleuve avec Corot en 1862, mais aussi avec Louis Augustin Auguin, peintre charentais, principal représentant de l'école de Saintonge, dont les musées de Poitou-Charentes conservent de nombreuses toiles. « La Charente », une huile sur bois est exposée au musée de l'Echevinage à Saintes, l'esprit des peintres se retrouve dans la balade au bord de l'eau.
L'église de Bussac

L'Eglise paroissiale dédiée à Notre-Dame, a été bâtie sur une ancienne voie romaine, probablement du XIIème siècle mais rien ne subsiste de sa construction primitive. Elle apparaît aujourd'hui comme datant du XIVème. Elle comporte des objets qui ont été classés parmi les monuments historiques : maître-autel, tabernacle, bois sculpté et peint, retable*, pierre peinte en faux marbre, l'Assomption, toile (milieu du XIXème). La cloche de l'église date de 1636.
*retable : panneau de bois peint ou sculpté qui comprend plusieurs volets à charnières que l'on peut déployer et qui décore le dessus des autels des églises.
L'abbé Tougeron, dernier curé de Bussac (depuis 1938) nous a quittés en 1984. Son existence était consacrée à son église et à ses paroissiens. Il fut un homme sincère dans ses convictions et fidèle à son idéal. Exposant volontiers ses idées, il ne blessait jamais ceux qui en exprimaient d'autres. Il pensait que la justice, la fraternité et l'amour triompheraient un jour de la discorde et de la guerre...
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Bussac Info
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